Les ostraca littéraires de Deir al-Medina

Étude et publication

Responsables : Florence Albert et Annie Gasse

L’essentiel du fonds des ostraca hiératiques littéraires fut découvert durant les fouilles de l’Ifao menées par Bernard Bruyère à Deir el-Medina entre 1922 et 1951. L’édition de cette collection débuta en 1930 avec G. Posener, dont le travail aboutit à la publication de 675 ostraca, répartis dans trois volumes des DFIFAO et dans plusieurs articles. En 1981, A. Gasse reprit le dossier en orientant son étude sur les textes magiques, les hymnes et les textes scolaires révélant les traces d’apprentissage des scribes.

Le nombre de documents qui restent aujourd’hui à éditer est d’environ 6000 pièces, ce qui fait de cette collection la plus importante qui soit en termes de textes inédits. À cet aspect quantitatif, s’ajoute la dimension qualitative : en raison de la variété des textes qui le constituent — outre les œuvres littéraires classiques, on y trouve des textes sapientiaux, satiriques, narratifs, hymniques, eulogiques, magiques et médicaux largement inconnus —, le fonds des ostraca littéraires conservés à l’Ifao constitue un ensemble exceptionnel, parce que représentatif des activités littéraires et intellectuelles des habitants de Deir al-Medina. Son étude apporte par conséquent des informations de premier ordre sur les pratiques culturelles de cette société durant le Nouvel Empire.

OL 206. Assemblage des fragments conservés d’un texte juridique sur céramique (cliché Ifao).
OL 211. Exercice épistolaire sur calcaire (cliché Ifao).
OL 211. Fac-similé (N. Sojic).

Une « action spécifique » de l’Ifao a pour objectif de poursuivre la publication de cette documentation inédite. Une équipe de travail a été mise en place pour cela, constituée de Annie Gasse, Florence Albert (Ifao), Stéphane Polis (Université de Liège), Andreas Dorn (Université d’Uppsala), Nathalie Sojic (Université de Liège) et Aurore Motte (Université de Liège). L’action spécifique est par ailleurs dotée d’un volet de formation grâce à l’Académie Hiératique, séminaire de travail pour les doctorants hiératisants organisé à l’Ifao, en collaboration avec le laboratoire ASM de l’université Paul-Valéry Montpellier 3.

La première Académie hiératique au travail : A. Dorn, N. Sojic, F. Kamal, R. Pietri (cliché A. Gasse).

Le volume consacré aux travaux de la première Académie Hiératique (2015) est paru : Fl. Albert et A. Gasse (éd.), Études de documents hiératiques inédits. Travaux de la première Académie Hiératique, Le Caire Montpellier, BiGén 56 – CENiM 22, 2019. Les volumes consacrés aux Académies suivantes sont en préparation.

Nouvelles orientations de l’étude des ostraca littéraires

La sélection des ostraca se fait traditionnellement « par le texte », fondée sur des critères textuels. Si cette approche donne de bons résultats pour dégager des groupes cohérents d’objets en fonction de la nature des textes copiés, elle est néanmoins tributaire des sondages effectués, qui ne peuvent que difficilement balayer l’ensemble d’un si grand fonds sur la base de mots ou d’expression clés. Pour pallier ce problème, nous développons depuis trois ans une nouvelle méthode de sélection des objets. Celle-ci ne se concentre pas en première intention sur le texte, mais sur les caractéristiques matérielles des objets (marques de fouille, couleur des encres, nature du support, etc.) qui sont de ce fait facilement distinguables et peuvent être appréhendés de manière plus exhaustive. Cette approche, qui touche aussi bien à la matérialité qu’aux registres d’écriture et aux contextes de découverte des ostraca, facilite la mise en valeur de lots dont la fonction et les contextes d’utilisation peuvent être mieux cernés. Plusieurs dossiers ont été ouverts selon cette perspective :

  • les marques de fouille ;
  • les ostraca rédigés en rouge (qui ont en partie été traités lors de la 4e académie hiératique) ;
  • les tablettes (qui ont été le thème de la 5e académie hiératique)
  • les ostraca de grand format.

Plus d’informations sur le site de l’IFAO :

https://www.ifao.egnet.net/recherche/operations/op17431/

Voir aussi dans «La Recherche»

Atfih, la nécropole des vaches sacrées (Mission 2008) – Mission Égypto-Française d’Atfih À environ 80 km au sud du Caire, sur la rive orientale du Nil, Atfih – nom moderne de la ville – occupe l’emplacement de l’ancienne Tepihou, appelée Aphroditopolis à partir de l’époque hellénistique. La divinité principale de la métropole de la 22e et dernière province de Haute-Égypte était une Hathor. L’important rôle de mère nourricière de la déesse dans cette localité favorisa certainement son association à Isis et à Hésat. Ces divinités pouvaient se manifester par l’intermédiaire d’une vache [fig. 1] qui avait droit à un entretien particulier et à un culte à Atfih. Ermant La tombe du prêtre Padiaménopé (TT33), Thèbes, TT 33, fin XXVe – début XXVIe dyn. La tombe du prêtre lecteur et chef Padiaménopé (Pétaménophis) rassemble une collection de corpus funéraires égyptiens et l’intègre dans une architecture exceptionnelle comprenant 22 salles réparties sur 4 niveaux. Ces textes, souvent remaniés par rapport aux versions du Nouvel Empire, sont largement inédits. Le programme VÉgA (Vocabulaire de l’Égyptien Ancien) MAHES : Momies animales et humaines égyptiennes : perception de la mort en Égypte ancienne à travers l’étude des animaux sacrés Les nécropoles de l’ancienne Égypte ont livré des momies animales par millions, témoignant ainsi de la ferveur des Égyptiens à l’égard de ces animaux sacrés et révélant la place majeure que ces derniers occupaient au sein de la religion. Or, paradoxalement, les croyances et les pratiques liées à ce culte sont mal connues. Ortempsol – Orientation des temples à divinités solaires en Égypte En Égypte l’espace politique et l’espace religieux se superposent. Ils se matérialisent sur le territoire par le temple, médium entre le terrestre et le divin. De par ce rôle, l’orientation du sanctuaire (premier rite de la liturgie de fondation) revêt une charge symbolique importante. Projet Hammamat Plan de publication Série « Varia Hammamatica » Projet Karnak projet Konosso Temple d’Amon-Rê à Karnak En partenariat avec le Centre Franco-Égyptien d’Étude des temples de Karnak (USR 3172 du CNRS, CFEETK), plusieurs projets sont en cours dans le grand temple d’Amon-Rê à Karnak.